Récits et traditions · Histoire
Les hassidim au Beit Yossef
Deux cents ans après la mort de Maran, un nouveau genre de pèlerins gravit la colline de Safed. En 1777, un groupe d’environ trois cents hassidim — disciples du Maguid de Mezritch, conduits par Rabbi Mena‘hem Mendel de Vitebsk, Rabbi Avraham de Kalisk et Rabbi Israël de Polotsk — fit le long voyage depuis l’Europe de l’Est et s’installa dans la ville. Ce fut la première alya organisée du mouvement hassidique.
C’étaient des ashkénazes, qui priaient selon le nouveau rite hassidique, et Safed avait été dévastée par le tremblement de terre de 1759. Ils n’avaient aucun lieu de prière à eux. Dans une lettre écrite l’année suivante, Rabbi Israël de Polotsk rapportait que les hassidim priaient « au Beit Yossef » — la synagogue de Maran — en attendant que la construction de leur propre synagogue soit achevée. Cette synagogue, à l’ancienne lisière de la ville où l’Arizal accueillait autrefois le Chabbat, est celle que l’on connaît aujourd’hui sous le nom d’Ari ashkénaze.
Ainsi la maison d’étude du grand codificateur séfarade devint-elle, pour un temps, le premier foyer du hassidisme en Terre d’Israël — une couche de plus dans la longue histoire de ces murs.