La synagogue
La synagogue qui porte le nom de Maran se dresse rue Beit Yossef, dans la Vieille Ville de Safed. Selon la tradition, ce fut son beit midrach — la maison d’étude où…
La synagogue qui porte le nom de Maran se dresse rue Beit Yossef, dans la Vieille Ville de Safed. Selon la tradition, ce fut son beit midrach — la maison d’étude où il enseignait, jugeait et écrivait. Elle est tombée et s’est relevée plus d’une fois, et n’a jamais cessé d’être un lieu de prière et d’étude.
La maison d’étude de Maran
Lorsque Rabbi Yossef Caro s’installa à Safed dans les années 1530, il devint bientôt l’un des guides spirituels de la communauté. Selon la tradition de Safed, sa salle d’étude se trouvait alors à l’étage supérieur du bâtiment. C’est là qu’il enseignait à ses élèves et qu’il travailla à la plupart de ses livres. Sa yéchiva prolongeait celle de son maître, Rabbi Ya‘akov Beirav, et ses disciples dirigèrent à leur tour des yéchivot dans toute la ville.
Un voyageur yéménite venu un Chabbat vers 1567 a laissé un rare témoignage oculaire : le vieux sage assis sur une chaise, expliquant le verset « La Torah de l’Éternel est parfaite, elle restaure l’âme » dans son sens simple et dans son sens caché, devant quelque deux cents élèves assis sur des bancs. (Lire le récit complet : Deux cents sur les bancs.)
La chambre du Maguid
Sous la synagogue, selon la tradition locale, se trouve la petite maison où vivait Maran — la pièce où le Maguid, son maître céleste, venait à lui et lui révélait les secrets de la Torah. On montre aux visiteurs une petite salle souterraine près de la synagogue. (Voir La pièce sous la synagogue.)
Séismes et reconstructions
Safed est bâtie sur une crête sujette aux tremblements de terre, et ses vieilles synagogues en portent les cicatrices. Le grand séisme de 1759 détruisit une grande partie de la ville ; la synagogue Beit Yossef fut ensuite reconstruite en plus petit. Puis vint le terrible séisme de Galilée du 1ᵉʳ janvier 1837, qui fit des milliers de morts à Safed et rasa la plus grande partie du quartier juif. La synagogue fut de nouveau endommagée et reconstruite dans les années suivantes — les sources datent les travaux vers 1839 ou plus tard dans les années 1840 —, puis restaurée encore au début du XXᵉ siècle.
La tradition associe la reconstruction d’après 1837 au philanthrope Its‘hak Guetta, et une légende très aimée à Safed raconte qu’il mit de côté la moitié de l’argent et l’enterra sous le sol de la synagogue, pour qu’on le retrouve à la venue du Messie. (Voir Quand la terre trembla.)
Une inscription dans le bâtiment rappelle qu’une yéchiva nommée Ets ‘Haïm fut fondée « à l’emplacement du maître du Beit Yossef » pour les sages et rabbins de Safed, dédiée au nom de Rabbi Avraham Aycher.
Un foyer pour les hassidim
En 1777, un groupe de hassidim conduit par Rabbi Mena‘hem Mendel de Vitebsk arriva en Terre d’Israël et s’installa à Safed. En attendant que leur propre synagogue — celle qu’on appellera plus tard l’Ari Achkenazi — soit prête, ils priaient, comme l’écrivit Rabbi Israël de Polotsk en 1778, « dans le Beit Yossef ». Pendant un temps, la salle d’étude du maître séfarade fut le premier foyer du mouvement hassidique en Terre d’Israël. (Voir Les hassidim au Beit Yossef.)
Ce qu’il faut regarder pendant la visite
- Les arcs et les lampes. La salle de prière est couverte d’arcs de style oriental d’où pendent des lampes, et bordée de vieilles étagères chargées de livres saints, dont certains sont plusieurs fois centenaires.
- Le sol. La tradition de Safed signale les carreaux de marbre italien, posés de sorte qu’aucun coin d’un carreau ne touche le coin d’un autre.
- La fenêtre près de l’Arche. À droite quand on fait face à l’Arche, les restes tordus d’une roquette Katioucha sont suspendus dans une fenêtre. Elle est tombée juste devant la synagogue pendant la deuxième guerre du Liban, en 2006. (Voir La roquette dans la fenêtre.)
- La pièce du dessous. Demandez au gabbaï de vous parler de la chambre du Maguid.
- Le nom de la rue. La ruelle s’appelle rue Beit Yossef, d’après sa grande œuvre.
Une visite respectueuse
C’est une synagogue vivante. Merci de porter une tenue modeste — épaules et genoux couverts ; les hommes sont priés de se couvrir la tête, des kippot sont disponibles à l’entrée. Merci de parler bas pendant les offices et de demander la permission avant de photographier des personnes. Une coutume ancienne veut qu’on laisse un petit don dans le tronc de tsédaka, qui aide à garder la synagogue ouverte à tous.









